Le surcoût de la dénutrition

Aspects médico-économiques

La dénutrition des personnes âgées : un surcoût pour les familles et pour les institutions

 Références

Les coûts de la dénutrition chez les personnes âgées

Les données disponibles montrent que la dénutrition augmente le coût des soins donnés aux personnes âgées, ainsi que le nombre de consultations médicales et de séjours à l’hôpital. Les coûts sont augmentés à la fois pour les personnes âgées dénutries à domicile et dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (1,2).

Les coûts annuels de la dénutrition étaient estimés à :

 

  • 18,5 milliards de dollars (13,6 milliards d’euros) en 2000 aux USA
  • 7,3 milliards de livres (8 milliards d’euros) en 2003 au Royaume Uni,

soit environ 10% des dépenses de santé. La moitié des coûts attribuables à la dénutrition chez les plus de 65 ans venaient des longs séjours à l’hôpital et en EHPAD (3-5). 

Cas particulier des malades Alzheimer

En 2005, les troubles cognitifs affectent 5,4% des personnes âgées de plus de 65 ans et leur prévalence augmente avec l’âge. La plupart de ces troubles cognitifs sont dus à la maladie d’Alzheimer. En France, en 2008, la maladie d’Alzheimer touchait plus de 860.000 personnes en France, avec 220.000 nouveaux cas chaque année, et 8,45 millions de personnes en Europe (6). Les troubles cognitifs ont un coût pour la société estimé à 141 milliards d’euros annuels en Europe, dont 56% des coûts pour les soins informels donnés par la famille ou les autres aidants (7). En institution, les aspects médico-économiques de la dénutrition des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer sont encore mal évalués. En plus des soins médicaux et infirmiers, il faut tenir compte du temps nécessaire pour nourrir les patients, du gaspillage de nourriture et des problèmes d’hygiène liés au « manger main », encore appelé « manger debout » ou « finger food ».

 Anorexie et dénutrition : lutter contre le gaspillage alimentaire

Pour les repas, une étude européenne multicentrique sur un jour, auprès de 16290 adultes hospitalisés a montré que plus de la moitié des patients ne mangeaient pas l’intégralité des repas servis dans les hôpitaux (8).

Pour les compléments nutritionnels oraux hyperprotidiques (CNO), une autre étude a été réalisée par des diététiciennes au Centre Hospitalier Universitaire de Nice. Cette étude auprès de 51 malades hospitalisés en gérontologie a montré que 23% des patients refusaient de consommer les CNO hyperprotidiques sous forme de boissons ou de crèmes, 8% ne les prenaient pas systématiquement et 24% ne les finissaient pas. Les principales causes de refus étaient le goût lacté ou trop sucré, la texture liquide ou l’effet de lest qui coupait l’appétit au repas suivant (9).

Pour diversifier l’alimentation des personnes anorexiques, les galettes Protibis présentent plusieurs avantages. Avec leur aspect de petites galettes bretonnes, elles plaisent aux personnes âgées dénutries, y compris aux malades Alzheimer (10-13). Elles ne nécessitent pas de chaîne du froid et peuvent ainsi être distribuées le matin aux patients autonomes, sans risque de pullulation microbienne. Les patients sans trouble cognitif aiment s’autogérer et prendre les galettes aux horaires qui leurs conviennent. Le fractionnement des 10,7 g de protéines en 8 petites galettes facilite l’observance et permet d’éviter le gaspillage (9). Les aidants ou le personnel soignant peuvent distribuer les galettes une à une si nécessaire, et contrôler ainsi facilement la quantité de galettes réellement consommées. De plus, il est difficile d’augmenter le volume des ingestas pour augmenter les prises de protéines et d’énergie chez les personnes anorexiques, et les assiettes avec les plats protéiques (viande, poisson, œufs) sont souvent jetées sans avoir été terminées. Pour enrichir les collations, les galettes Protibis permettent de donner sous un petit volume un aliment concentré en protéines et en énergie.

 

Liens

Ministère de la Santé 2015 Charte mieux manger moins jeter en EHPAD

 

Références

1. HAS : Haute Autorité de Santé. Recommandations professionnelles. Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée. Avril 2007.

2. Rolland Y, Benetos A, Gentric A et al. Frailty in older population: a brief position paper from the French society of geriatrics and gerontology. Geriatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2001;9:387-390.

3. Arvanitakis M, Beck A, Coppens P et al. Nutrition in care homes and home care: how to implement adequate strategies (report of the Brussels Forum (22-23 November 2007)). Clin Nutr 2008;27:481-488.

4. Volkert D, Bernenr YN, Cederholm T et al. ESPEN guidelines on enteral nutrition: geriatrics. Clin Nutr 2006;25:330-360.

5. Pritchard C, Duffy S, Edington J et al. Enteral nutrition and oral nutrition supplements: a review of the economics literature. J Patenter Enteral Nutr 2006;30:52-59.

6. Helmer C, Pasquier F, Dartigues JF. Epidemiology of Alzheimer disease and related disorders. Med Sci 2006;22:288-296.

7. Hort J, O’Brien JT, Gainotti G et al. European Federation of the Neurological Societies. EFNS Panel on Dementia. EFNS guidelines for the diagnosis and management of Alzheimer disease. Eur J Neurol 2010;17:1236-1248.

8. Lafont C, Gérard S, Voisin T, Pahor M, Vellas B ; Members of I.A.A.G./A.M.P.A. Task Force. Reducing « iatrogenic disability » in the hospitalized frail elderly. J Nutr Health Aging 2011;15:640-55.

9. Grégoire J. Prise en charge de la dénutrition en milieu hospitalier : de la théorie à la pratique. Mémoire diététique. Département génie biologique, IUT Montpellier. Avril 2008.

10. Prêcheur I, Brocker P, Schneider S. Development of hyperproteic and hyperenergetic cookies: a solid nutritional supplement for patients with masticatory disabilities. European Society for Clinical Nutrition and Metabolism ESPEN2010-LB-014 2010, Nice France.

11. Prêcheur I, Brocker P, Schneider SM, Barthélémi C, Pesci-Bardon C. Compléments nutritionnels solides pour les personnes ayant des difficultés à mastiquer : enquête de satisfaction sur 30 seniors hospitalisés. Congrès International Francophone de Gériatrie et Gérontologie (CIFGG), P3.3-107, Nice 2010.

12. Solere JP, Brocker P, Schneider SM, Prêcheur I, Reichert E, Breugnon F et al. Distribution de galettes hyperprotidiques hyperénergétiques. Etude multicentrique auprès de seniors dénutris institutionnalisés : résultats intermédiaires sur 63 sujets. Journées Annuelles Francophones de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie (JASFGG), P4-12.52, Paris 2011.

13. Philip JL. Lutter contre la dénutrition des malades d’Alzheimer, un exemple. Revue Geriatr 2012 ;37 :141-2.